samedi, février 17, 2018

IL Y EUT AU 18ème SIECLE, ECUMANT LA MER DES ANTILLES, DEUX TERRIBLES FLIBUSTIERES, ANNE BONNY ET MARY READ…


Elles formaient secrètement un couple sanguinaire, aux cotés d’une autre terreur de cette mer, le pirate Jack Rackham ( le Rackham le rouge de Hergé)…

La première, fille illégitime d’un procureur irlandais et de sa servante, fut emmenée par son père condamné à l’exil suite au scandale révélé, vers le nouveau monde, et sera élevée par celui-ci à la dure, comme un garçon, à Charleston en Caroline du sud. Bien que son père soit devenu là-bas le riche propriétaire d’une immense plantation, enfant rebelle, c’est dès l’âge de 13 ans qu’elle commencera à fréquenter les tavernes de pirates.

Las de sa mauvaise conduite le père finira par la déshériter, mais pour se venger de cela, elle mettra le feu à la plantation et dès lors, s’étant mise elle-même hors des lieux, sa vie va définitivement basculer vers la piraterie où elle trouvera refuge…

C’est déguisée en homme qu’elle fera ses premières armes en compagnie du pirate français Pierre Bousquet, et rencontrera plus tard Jack Racham, entretenant avec lui une relation fort fructueuse quant aux nombre de navires pillés, bien qu’elle fut “à couteaux tirés”, et sans que l’on puisse affirmer qu’ils furent amants, d’autant qu’elle demeurait déguisée en homme…

La seconde était la fille d’un capitaine de la marine, disparu en mer. Son frère ainé mourut enfant et pour pouvoir bénéficier de la pension qui était versée pour celui-ci par la famille de son père, sa mère décida de l’habiller et de l’éduquer comme un garçon et c’est sous cette fausse identité masquant sa féminité, que non seulement, elle obtiendra un premier emploi comme valet mais surtout, qu’elle parviendra à s’engager dans l’armée britannique pour s’en aller combattre les français en Flandre…

Elle y rencontrera un bel officier dont elle tombera amoureuse et sera obligée de révéler sa véritable identité pour pouvoir l’épouser, mais le couple sera contraint de quitter l’armée…
Elle et son mari ouvriront une auberge, mais celui-ci décédera au bout de quatre ans. Ne pouvant pas tenir l’auberge toute seule, c’est en se faisant à nouveau passer pour un homme, qu’elle parviendra à se faire engager à bord d’un navire marchand hollandais.

Il se trouve que ce navire sera attaqué et capturé par des pirates anglais, et c’est à cette occasion qu’elle rencontrera la piraterie, et qu’elle s’arrangera pour l’intégrer. C’est au cours des opérations de piraterie qu’elle rencontrera Jack Rackham et Anne Bonny, et c’est la relation inattendue qui s’établira entre elles, qui sera l’occasion de la révélation de leur véritable identité…

En compagnie de Rackham, le couple mènera des campagnes dévastatrices, la légende disant que Mary Read dévoilait son sexe à son adversaire au moment de lui donner la mort, mais au cours d’une de ces campagnes, et malgré sa liaison avec Anne Bonny, elle fera la rencontre d’un captif dont elle fera son amant, et duquel elle aura un enfant…

Comme il se doit selon une fin correcte de cette histoire, après bien des aventures violentes, et d’autres bien plus douces au cours desquelles elles n’ont pas hésité à user de leur charme pour s’attirer la clémence de certains gouverneurs, tout ce monde finira par se faire arrêter, juger, et condamner à être pendu haut et court, les deux femmes ayant pu sursoir à l’exécution de la peine en révélant qu’elle étaient enceintes…

Mary Read décèdera en prison à cause de la fièvre jaune, quant à Anne Bonny, elle fut finalement graciée par le gouverneur, sortit de prison et disparu sans plus laisser aucune trace, certains disant que son richissime père serait parvenu à convaincre ce gouverneur…

Elles auront donc vaincu bien des hommes par leur pistolet et leur sabre, et quelques autres, par leur charme…

Richard Pulvar

mercredi, février 14, 2018

LE CÉLÈBRE CARNAVAL D'ORURO EN BOLIVIE, UN CARNAVAL AUX TRADITIONS ANCESTRALES NATIVES


Le Carnaval d'Oruro en Bolivie classé patrimoine culturel immatériel de l’humanité fait partie des références mondiales en matière de carnavals.

Le ministère de la culture de la République de Bolivie a dit que cette année le carnaval avait drainé entre 400 000 à 413 000 personnes !

La ministre de la Culture et du Tourisme, Wilma Alanoca, a confirmé le 10 février à Los Tiempos "que plus de 400 mille personnes , entre nationaux et étrangers, sont venues à Oruro pour observer le Carnaval" qui selon leurs estimations gouvernementales a généré des migrations d'au moins 106 millions de Boliviens.
La ministre a déclaré aussi que le mouvement des visiteurs au carnaval d'Oruro "est intense", de sorte que la capacité de l'hôtel aurait été dépassée.
Ce carnaval est à ce point célèbre que 15 chaînes internationales suivent le Carnaval d'Oruro dans le monde entier.

La ville d'Oruro située dans la partie nord du lac Coipasa a été érigée sur un ancien site de cérémonies amérindiennes à 3700 mètres d’altitude dans les montagnes de l’ouest de la Bolivie.
"La ville d’Oruro a été un important centre minier aux dix-neuvième et vingtième siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, elle est restée un site sacré pour les peuples Uru Chipayas, qui venaient parfois de très loin accomplir leurs rituels, en particulier pour la grande fête d’Ito. 
Ces cérémonies ont perduré sous le couvert de la liturgie chrétienne malgré les interdits espagnols au dix-septième siècle. "

Les Uru dont les origines remonteraient à plus de 2500 ans avant JC ont fait comme les peuples de tradition Yoruba déportés dans les Amériques à savoir les communautés mawones Quilombola au Brésil et celles de la Santeria à Cuba. 
En effet les Uru ont usé de la même ruse en dissimulant leurs dieux andins derrières les icônes chrétiennes, devenant ainsi des saints. 
La fête d’Ito pour ne périr de la colonisation a été transformée en rituel chrétien, elle est célébrée à la chandeleur, le 2 février et la traditionnelle llama llama, ou diablada, en l’honneur du dieu Uru Tiw est devenue la danse principale du carnaval d’Oruro.

Tous les ans, pendant six jours, ce carnaval colossal donne lieu au déploiement de tout un éventail d’arts populaires s’exprimant à travers les masques, les textiles et les broderies.

"L’événement principal est la procession, ou entrada, où les danseurs parcourent vingt heures durant, sans interruption, les quatre kilomètres que suit la procession. 
Plus de 28 000 danseurs et 10000 musiciens répartis en une cinquantaine de groupes prennent part au cortège qui a su conserver nombre de caractéristiques empruntées aux mystères médiévaux."

Le déclin des activités minières traditionnelles et de l’agriculture et que la désertification du haut plateau andin sont des menaces pesant sur population d’Oruro, provoquant une émigration massive. En effet ricochet l’urbanisation a généré des phénomènes d’acculturation aux rites ancestraux, creusant un fossé entre les générations. 
Le carnaval néanmoins continu à faire le lien et perpétuer les traditions.

Mais cette année 2018 au premier jour des festivités un drame est survenu faisant 21 morts et 72 blessées dans plusieurs incidents le samedi 10 février, à Oruro (Sud-Est).
Dans l’accident le plus grave, l’explosion d’une bonbonne de gaz a fait huit morts et 47 blessés.

Emmanuelle Bramban (14-02-2018)

J'OUVERT ET MONDAY MAS DU LUNDI GRAS 2018 A TRINIDAD



J'Ouvert (ou Jouvert ) est un rituel de célébration d'expressions les plus anciennes de l'histoire et la culture de l'île. 
Les bandes en hordes nombreuses barbouillées de chocolat, de graisse, d'huile et de peinture, de goudron, de la mélasse, arpentent les rues au petit matin arrivant de leurs cris et leurs musique frénétiques.
Elles imitent diables, démons, monstres et gobelins en oubliant toutes les inhibitions et en exorcisant la peur de l'obscurité en écho à l'expression des célébrations heureuses et festives des anciens esclaves pour leur nouvelle liberté obtenue en 1838. 
C'est le jour de sortie des Jab Molassie.

J'Ouvert est le theatre d'expression de la liberté retrouvée, en bordure des excès dans leur répétition des rites carnavalesques, il est mentionné que dans certaines traditions le J'Ouvert trinidadien "ramenaient à l'esprit des troubles civils de Port of Spain, où les gens se barbouillaient souillés avec de l'huile ou de la peinture ou du goudron pour éviter d'être reconnus. "

Si le mardi est le plus gros jour de la fête carnavalesque à Trinidad et Tobago J'Ouvert pour les trinidadiens est celui de la commémoration joyeuse ainsi que celui de la reconnaissance de leurs racines ancestrales, il est le moment de l'affirmation à l'appartenance à une identité culturelle propre et riche.

Cette année 2018 le Jouvert Morning a eu un large succès dans plusieurs villes trinidadienne comme celui de Chocolate City , il a été suivi dans l'après midi par des défilés Monday Mas.

Emmanuelle Bramban

LE CÉLÈBRE CARNAVAL DE BARRANQUILLA EN COLOMBIE ET SON ILLUSTRE TIGRE


José “El Tigre” Forero comme chaque année a participé au défilé de « La Batalla de las Flores », au Carnaval de Barranquilla 2018, à Barranquilla, en Colombie ce samedi 10 Février 2018.

José “El Tigre” Forero est un personnage illustre de la culture colombienne, originaire de Barranquilla il en est de fait une des personnalités marquantes, ce n'est pas un personnage carnavalesque traditionnel au sens du terme.
C'est un homme, un barranquillero, qui pour créer son personnage a puisé dans les racines natives et afro colombiennes de son pays. Les couleurs nationales de la Colombie sont les couleurs de son costume fort remarquable. 
Et de fait il est devenu une figure incontournable depuis lors.

Cet illustre et très célèbre personnage de la culture colombienne sort de sa ville et se déplace parfois dans le reste du pays et dans monde notamment lors que matchs de foot dont il est un aficionado.
José “El Tigre” Forero s'est une fois confronté à un autre personnage carnavalesque le Peter du carnaval hollandais, ce tristement célèbre personnage à connotation en raciste en raison de son blackface à l'époque et José “El Tigre” Forero l'avait surpassé !
La presse internationale avait titré presque quasi communément "José El Tigre” Forero colombien a mangé Peter "
Et Peter l'an passé en 2017, suite à de très nombreuses années de luttes acharnées des communautés afro et de ses alliées, il a abandonné son blackface pour incarner désormais un mineur hollandais à la figure barbouillé de suie. 
.
Mais le clou de son faste à José “El Tigre” Forero reste toujours ses apparitions au très célèbre carnaval de sa ville.

En effet , le Carnaval de Barranquilla est un des carnavals de renommée mondiale, il a été reconnu en 2003 par l'Organisation des Nations Unies de la science et la culture (l'UNESCO) comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Cette année 2018 du dimanche gras au mardi gras soit du 10 au 13 février il a drainé 18 chars et plus de 90 groupes folkloriques y ont défilé.

Emmanuelle Bramban

jeudi, février 08, 2018

CREOLES DE CUBA...


Il existe 400 000 #créolophones à #Cuba, qui font de la langue créole la seconde du pays après l'espagnol, et qui participent à la formidable richesse culturelle de ce pays dont le reste du monde aura malheureusement été privé, à cause d'années d'embargo, mais qu'il nous importe de redécouvrir aujourd'hui...

Ils sont pour la plupart d'origine haïtienne, et se sont installés sur cette île voisine au cours de plusieurs vagues migratoires, dont les principales furent, tout d'abord celle consécutive à l'insurrection qui s'est produite au début du dix-neuvième siècle sur l'île de Saint Domingue et qui allait conduire à la proclamation de la première république noire. Certains colons sont alors partis chercher refuge à Cuba, avec femme, enfants, et esclaves...

Une seconde vague migratoire eut lieu dans les années 1920, quand un ambitieux programme de développement de la production de canne à sucre, nécessitat de faire venir de nombreux travailleurs depuis Haïti...

Enfin une autre grande vague migratoire eut lieu durant la dictature de Duvalier, bien des opposants au régime et de nombreux intellectuels ayant choisi la route de l'exil vers Cuba...

C'est le succès désormais planétaire du "Creole Choir of Cuba", qui nous les a fait redécouvrir ces dernières années...

Je vous propose de découvrir par le lien ci-dessous, un brillant autre groupe, les "Santiago Buenavista Troubadours", qui montre que des migrants sont venus également des Antilles françaises et même de Guyane, dans un morceau qu'ils interprètent justement, en créole...


Richard Pulvar


FESTEJO ET CAJON DU “PERU NEGRO”


Si l’influence culturelle considérable des esclaves africains déportés aux Amériques et de leur descendants, est évidente pour des pays comme le Brésil, dans de nombreux domaines et particulièrement, la danse et le style musical comme sa célèbre Samba, Cuba et sa Salsa, et la Colombie avec sa Cumbia et son Vallenato, dans lequel les descendants d’esclaves ont fait l’adoption de l’accordéon européen, nous manquons souvent de constater que cette influence a été tout aussi importante dans les autres nations de l’Amérique latine.

Ceci tient au fait que le grand métissage qui va se produire en ces pays va faire que les populations au sang mêlé, vont par ce brassage naturellement faire leur cet héritage africain, au point que faisant désormais partie de leur patrimoine national, on en oublie l’origine. Ceci, comme en Argentine où les descendants d’esclaves identifiables son peu nombreux, mais où leurs ancêtres ont laissé un beau témoignage de leur passage en ce pays, son célèbre Tango, né nous dit-on sur les quais de Buenos Aires, mais de l’adoption là aussi par les descendants d’esclaves, de l’accordéon, et dont bien peu se souviennent de son origine africaine…

Ainsi, de la même façon que les si particulières musique et danse des “Caporales”, issues des plantations, seront proclamées héritage culturel intangible de la Bolivie, ce sont les esclaves et leurs descendants qui feront hériter au Pérou, de deux éléments fondamentaux de sa culture, la musique et la danse de “Festejo”, et les percussions du “Cajon”, instrument de leur invention, et dont la mode se répand actuellement dans le monde entier.

La population des descendants d’esclaves est estimée à environ 10% de la population du Pérou. Mais cette estimation de vaut que pour ceux qui sont physiquement identifiables comme tels, parce que demeurés regroupés dans quelques zones côtières après l’abolition, certains de ces descendants se sont moins mélangés au reste de la population. Cependant les Péruviens eux-mêmes reconnaissent volontiers qu’avec leur mélange évident de sang espagnol et amérindien, ils possèdent également pratiquement tous du sang de noirs, et ils en assument parfaitement l’héritage culturel…
Richard Pulvar


Je vous présente ici une partie de celui-ci avec les liens ci-dessous

Le Festejo https://www.youtube.com/watch?v=iB3mrzVfEQc
Le Cajon https://www.youtube.com/watch?v=Mkxv30VbZac

jeudi, février 01, 2018

LA DANSE DES CAPORALES


C’est au 17ème siècle qu’arrivent, emmenés par les Espagnols, des esclaves africains jusque dans les hauts plateaux des Andes, au milieu des Amérindiens qu’ils s’acharnaient à soumettre, sans pourtant parvenir à les mettre en esclavage. Les conditions particulières de cet endroit, dont le grand isolement, vont faire qu’il va se produire très rapidement un grand métissage, d’une part entre les Espagnols et les Amérindiens, dont les métis constitueront l’essentiel des “caporaux”, terme alors employé pour désigner les gardiens des esclaves, et d’autre part entre les Africains et les Amérindiens qui vont constituer là et ailleurs sur le continent, des communautés de ce type de métis regroupées sous le nom de “Zambos”.

Ces derniers n’eurent pas la chance des premiers, car ils furent esclaves tout comme leurs ancêtres africains. Ils avaient coutume de former un cortège pour enterrer leurs morts, en exécutant une danse rythmée à l’aide de tambours, et d’une façon très particulière, selon un rythme très saccadé qui est devenu aujourd’hui celui des musiques andines…

A la fin de l’esclavage, ils firent de cette danse de tristesse, une danse de joie, toujours scandée par ce rythme troublant, mais où les hommes rappelaient selon une chorégraphie très dynamique et spectaculaire, les luttes qui furent menées contre la servitude. Aujourd’hui, dans leurs magnifiques tenues de danse, ils portent accrochées à leurs bottes des clochettes pour rappeler le bruit que faisaient les chaines accrochées aux pieds des esclaves…

Selon une aimable dérision, ils ont prolongé la signification et donc l’usage de cette danse, en remplaçant la soumission qui était la leur sous les ordres des caporaux, par celle qui demeure la leur sous le charme des femmes, les caporaux étant ainsi devenus des “Caporales”. Ceci, en notant qu’en espagnol le mot vaut pour les hommes comme pour les femmes.

Ce sont donc elles désormais qui portent le sifflet, rappelant aux hommes la force d’envoutement dont elles sont capables, en étant vêtues de tenues splendides leur permettant d’exercer au maximum leur séduction, en dansant avec celles-ci. Il est remarquable qu’elles exercent ainsi d’une façon encore plus troublante que les célèbres Cariocas brésiliennes qui en montrent pourtant beaucoup plus, ce qui va assurer la grande popularité de cette danse…


Le métissage s’étant poursuivi pour donner aujourd’hui les populations très bigarrées de cette région des Amériques, cette coutume des Zambos va se généraliser pour devenir dans un pays comme la Bolivie, une véritable tradition nationale. La danse des Caporales sera ainsi codifiée et présentée au public dans ce pays en 1969, et c’est en 1975 qu’y seront formées les premières associations consacrées à la pratique, tant de la danse que de la musique, sur le mode des écoles de samba brésiliennes…

Son succès va faire que cette tradition va se répandre hors de Bolivie, en Argentine, au Chili, et au Pérou, et curieusement, aux Etats-Unis où plusieurs associations d’Amérindiens, auxquelles se joignent volontiers des noirs américains, conscients qu’il s’agit à l’origine d’un fait culturel d’esclaves africains, associations qui disposent bien-sûr de moyens plus luxueux que ceux des associations culturelles sud-américaines, en font depuis quelques années une très grande promotion et avec un grand succès, compte tenu de l’aspect spectaculaire et esthétique de ces manifestations…

Voyant ainsi son pays en quelque sorte dépossédé d’un élément du folklore national, surtout de la part des Etats-Unis avec lesquels il n’entretient pas les meilleures relations, le gouvernement bolivien a proclamé en 2011, les “Caporales”, comme faisant partie d’une façon intangible, de l’héritage culturel de la Bolivie…

Cependant, il n’est pas interdit aux autres de les apprécier…


Richard Pulvar



jeudi, janvier 25, 2018

Cyrille Bissette enfin réhabilité dans notre mémoire collective ?


Plusieurs initiatives permettront de célébrer cette année, le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Il serait opportun de redonner toute sa place au Martiniquais Cyrille Bissette dans le combat ayant abouti à l’interdiction du travail servile.

Justice sera-t-elle enfin rendue à Bissette, le premier militant martiniquais en faveur de l’abolition de l’esclavage ? L’histoire officielle a retenu le nom de Victor Schoelcher comme artisan de l’interdiction du travail servile dans les colonies françaises. Ce qui peut se comprendre, vu sa participation à ce combat. Membre du gouvernement provisoire, il a signé le décret du 27 avril 1848 déclarant illégale cette abomination.

Toutefois, nul ne doit plus méconnaître le rôle central de Cyrille Bissette dans cette révolution. Espérons qu’à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, sa place éminente soit enfin reconnue. Accusé à tort, en décembre 1823, d’avoir distribué une brochure dénonçant la condition des mulâtres, ou hommes libres de couleur. Ce texte manuscrit, "De la situation des gens de couleur libres aux Antilles Françaises", est anonyme. Pourtant, Bissette est condamné lors d’un procès expéditif, le mois suivant.

L’historienne Stella Pame, auteure de la première biographie de Cyrille Bissette, rappelle que deux riches négociants mulâtres de Saint-Pierre, Monlouis Thébia et Joseph Eriché, ont été soupçonnés d’avoir amené secrètement cette brochure, de retour d’un séjour à Paris. Les preuves n’avaient aucune importance pour la Cour royale, composée de colons et d’alliés. Il leur fallait des boucs émissaires. Ce seront Bissette et deux soi-disant complices, Jean-Baptiste Volny et Louis Fabien.

Dans la foulée, pas moins de 200 hommes libres de couleur furent éloignés, de peur que leur influence ne devînt contagieuse. Békés et mulâtres se livraient alors une lutte politique et économique sans merci. Les premiers craignaient de perdre leur suprématie sur les seconds et leur fermaient toute possibilité d’ascension sociale.

Banni à Paris, Bissette s’attelle, dès 1825, à la fin du système esclavagiste, bien avant Schoelcher. Les deux hommes ne s’entendent pas. Le ministre écarte son rival des travaux de la commission préparant l’émancipation, en mars 1848. Il n’empêche, les faits sont têtus. Bissette est bel et bien l’abolitionniste martiniquais par excellence.

Jean-Marc Party
source

mercredi, janvier 03, 2018

Le code de l'indigénat

" Le Code de l'indigénat fut adopté le 28 juin 1881. Puis c'est en 1887 que le gouvernement français l'imposa à l'ensemble de ses colonies. En général, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s'agissait d'un recueil de mesures discrétionnaires destiné à faire régner le «bon ordre colonial», celui-ci étant basé sur l'institutionnalisation de l'inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse «amélioré» de façon à adapter les intérêts des colons aux «réalités du pays».

Le Code de l'indigénat distinguait deux catégories de citoyens: les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens, etc., ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l'indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques; ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d'origine religieuse ou coutumière.

Tout compte fait, le colonialisme pratiqué en Nouvelle-Calédonie, en Algérie, à Madagascar, etc., s’apparentait à une sorte d’esclavage des populations autochtones: celles-ci étaient dépouillées de toute leur identité. Ce système colonial odieux, qui paraît sans aucun doute honteux aujourd’hui, semblait normal à l’époque et d'autres pays pratiquaient des politiques similaires. Le Code de l'indigénat était assorti de toutes sortes d'interdictions dont les délits étaient passibles d'emprisonnement ou de déportation. Ce système d'inégalité sociale et juridique perdura jusqu’en 1946, soit plusieurs années après que les accords de Genève (le 23 avril 1938) eurent interdit toute forme de travaux forcés.

Après la loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l'indigénat, les autochtones (Nouvelle-Calédonie, Madagascar, Algérie, etc.) purent à nouveau circuler librement, de jour comme de nuit, et récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l'indigénat en Algérie pratiquement jusqu'à l'Indépendance (1962). "

DETAILS DE L’HISTOIRE

Très tôt, la colonisation a vu les noirs entre eux s’adonner à certaines formes de dénigrement et de rejet de l’autre, parfois même au sein d’une même ethnie. La première vague d’esclaves arrivée dans les îles étant originaire d’Afrique de l’ouest, Cap-Vert, Casamance et autre haut-Sénégal, ils ne vont pas se gêner de stigmatiser ceux qui venaient après, ces infortunés serviles de la deuxième vague, que les premiers appelaient indifféremment de manière dédaigneuse « nègres-Guinée ». 

Les premiers, qui prenaient un malin plaisir à se désigner comme « créoles », n’hésitaient pas à faire comme le maître, traitant leurs congénères de « bossales », les fustigeant plus souvent que rarement d’un « Sacré vié nèg-djiné !» s’agissant de les remettre à leur place. Plus tard, les Nèg-Djiné feront de même puisqu’à leur tour ils diront méchamment aux Congos, les derniers arrivés, de retourner chez eux, en Afrique (mais cela, c’est pour une toute autre raison). Pire, comme je le disais au début, la stigmatisation, voire le racisme, existait au sein de gens de même ethnie. Les esclaves ne se mariaient pratiquement pas (une explication vous sera donnée dans un prochain post). Mais quand cela arrivait, il était très difficile à un esclave issu de l’atelier de s’unir à une femme venant de la domesticité. Kidonk, un parent qui était domestique voyait très mal sa fille se marier avec un nègre de jardin. À un plus haut échelon, cela se constatait également, puisque le mulâtre se voyait très mal venir dire oui devant monsieur l’abbé avec une « négresse » au bras. Dire que de nos jours certains ont du mal à comprendre le « nèg kont nèg »

 ! Bonne journée à tous !

Josepha Luce

mercredi, décembre 20, 2017

La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée


La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée s'établit sur l'île de Saint-Thomas en 1672, s'étendant jusqu'à l'île Saint-John en 1683 (une annexion conflictuelle avec le Royaume-Uni jusqu'en 1718), et racheta l'île de Sainte-Croix à la Compagnie française des Indes occidentales le 15 juin 1733. En 1754, les îles furent revendues au roi du Danemark, devenant des colonies royales danoises administrées par un gouverneur.


Pour exploiter les îles avec les plantations de canne à sucre, le royaume du Danemark, comme les autres puissances européennes introduit des esclaves en provenance d'Afrique dès 17631. Les dures conditions entrainèrent une révolte en 1733 très durement réprimée1.

Pendant les guerres napoléoniennes, les îles furent occupées par les Britanniques ; d'abord de mars 1801 jusqu'au 27 mars 1802, puis de décembre 1807 jusqu'au 20 novembre 1815 où elles furent rendues au Danemark.

La traite négrière dans les possessions danoises sera interdite en 1792, le Danemark étant le premier pays à l'interdire2 mais l'esclavage ne sera lui aboli sur les îles antillaises danoises qu'en 18481. L'économie des îles basées sur la culture de la canne à sucre périclite alors1, de nombreux colons quittent les îles et le royaume Danois se désintéresse alors de ses possessions antillaises.

Le 12 décembre 1916, les îles furent vendues contre 25 millions de dollars US aux États-Unis d'Amérique, intéressés par leur position stratégique proche du canal de Panama. L'administration danoise se termina officiellement le 31 mars 19173.

Avant 1917, les langues parlées étaient un créole français proche de celui de Sainte-Lucie, l'anglais et l'espagnol, mais le danois était peu parlé, et surtout utilisé dans l'administration, ou par des Danois.